Le projet chinois de construire un chasseur indigène remonte au début des années 80 lorsque Deng Xiaoping débloquant un budget de 500 millions de yuans afin de développer un intercepteur national moderne. Le but recherché était de concevoir un avion capable de faire face aux MIG-29 et SU-27 russes, les relations sino-soviétique étant particulièrement tendues à l’époque (conflit frontalier sino-soviétique de 1969).
Le programme du J-10, baptisé Projet 8610, débute officiellement au mois d’octobre 1986 sous la responsabilité de Song Wen-Cong (directeur du programme), assisté de Su Long-Qing (adjoint) et de Xue Chishou (ingénieur en chef). Il est mené par la firme CAC de Chengdu et le bureau d’études de l’institut n°611(devenu depuis l’institut d’études et de constructions aéronautiques Chengdu).
- Cette photo révéla pour la première fois au public l’apparence du futur J-10.
A partir de 1987, les ingénieurs chinois accusant de sérieux retards dans certaines technologies, ils vont faire appel aux Israéliens. Ces derniers ont en effet travaillé à la conception d’un chasseur national le Lavi (financé en partie par les Etats-Unis) et dont le programme a été stoppé en 1987. Les chinois récupéreront aussi un F-16A auprès de leur allié pakistanais pour faire de l’ingénierie inversée.
L’évolution des relations entre Pékin et Moscou entraine une modification du programme en 1988. Il s’agit désormais de concevoir un appareil multirôle destiné à remplacer les J-6 et J-7 de chasse ainsi que les Q-5 d’appuis au sol. Les événements de la place Tiananmen en juin 1989 et l’embargo sur les équipements militaires décrété par l’occident, privent les Chinois du réacteur américain prévu à l’origine.
Fin 1995 est annoncé la participation de Moscou à ce programme, notamment par la fourniture de réacteurs Saliout AL-31FN (qui équipent les Su-27). Le prototype 001 (1001 ?) du J-10 effectue son premier vol au début de l’été 1996. Le crash fin 1997 du prototype 002 et la mort de son pilote, du à une défaillance des commandes de vol électriques, entraine une refonte importante du système de pilotage.
Cependant dans un article du Quotidien du peuple du 1er janvier 2007, Li-Zhonghua, un des pilotes d’essai du programme, a formellement démenti la perte d’un appareil et de son pilote et d’affirmer que le premier prototype du J-10 codé 1001 serait sortie d’usine en novembre 1997 et qu’il aurait effectué son vol inaugural le 23 mars 1996 avec pour pilote d’essai Lei Qiang.
Le premier vol du J-10 eu lieu officiellement le 23 mars 1998, il s’agissait en faite du prototype 003. Quatre autres prototypes codés 004 à 007 furent construisent. En 1999 la Chine avait 6 prototypes, deux étant utilisés pour les essais statiques et quatre autres pour les essais en vol. A partir de l’an 2000 les essais en vol eurent lieu au centre d’essai en vol de Xian Yanliang. A la fin de l’année 2000 les neufs prototypes avaient accumulé 140 heures de vol.
C’est également en l’an 2000 que fut lancé le développement de la version biplace d’entrainement J-10S sous l’égide de l’ingénieur chef Yang Wei.
Le premier vol du J-10 de présérie eu lieu le 28/06/2002. Mais cette avion, codé 008, ainsi que le suivant, le 009, se révéleront au regard des modifications qui leur furent apportées ultérieurement être encore des prototypes.
L’armée de l’aire chinoise a reçu le premier des sept J-10 de présérie, codé 010 à 016, en février 2003 et les déploya dans la région militaire de Nanjing pour leur évaluation et l’entrainement des pilotes. Ce n’est qu’au printemps 2004 que le J-10 fut certifié. Ces J-10 correspondent au J-10A, dont le nom à l’exportation est FC-20.
La version biplace destinée à l’entrainement et aux missions de guerre électronique est dénommée J-10S.
Dans son rapport 2006 sur la défense chinoise le DoD américain note page 4 que : “China’s indigenous fourth-generation fighter, the F-10 [...]Reported to be similar in weight and performance to the Eurofighter Typhoon or Dassault Rafale”
Nom : Jian-10, J pour Jian Shi qui en chinois classique signifie littéralement annihilateur ou intercepteur.
Envergure : 8,78 m ou 9,36 m
Longueur : 14,57 m ou 16,5 m
Hauteur : 4, 78 m
Surface alaire : 39 m²
Poids à vide : 8 300 ou 9 750 kg
Masse maximale : 18 000 kg
Carburant interne : 4 500 kg
Motorisation : 1 moteur AL-31 FN (poussée de 79,5 kN à sec et 122,7 kN avec post combustion).
Vitesse maximum : Mach 1,85 ou 2,2 selon les sources.
Rayon d’action de combat : 2300 km
Distance franchissable 2900 km
Plafond maximum : 18 000 m
La cellule du J-10 est capable de supporter des manœuvres et des accélérations de -3 à + 9 G.
Le J-10 dispose du radar KLJ-3 ou KLJ-10 développé par l’institut n°14 de recherche électroniques de Nankin. Sa portée de détection en mode air-air serait de 120 km et sa portée d’acquisition serait de 80 km. Il peut suivre quatre à six cibles et en engager deux simultanément. Il disposerait d’un mode air sol avec suivit du terrain et cartographie.
D’autre sources font état d’un radar de construction chinoise dont la dénomination est Type 1473, capable de suivre 10 cibles et d’en engager 4 simultanément avec un porté d’environ 100 km.
Le pilote dispose d’un viseur de casque HMD, d’un viseur holographique HUD à champ élargie et d’un glass-cockpit constitué de deux écrans monochromes multifonctions et d’un écran couleurs à cristaux liquides de conception chinoise. Le manche et la manette de puissance sont du types HOTAS.
En plus d’un canon de 23 mm, le J-10 dispose de 11 points d’emport externe pouvant emporter 5,5 tonnes de charges externes. Trois points sont dits « humides » et peuvent recevoir des réservoirs supplémentaires. En armement air-air le J-10 peut emporter les missiles chinois PL-8, PL-11 et PL-12. En armement air-sol le J-10 peut emporter des bombes à guidages laser, il doit dans ce cas emporter une nacelle dotée d’un désignateur laser. Il peut aussi emporter le missile russe antiradar Kh-31/YJ-91 et le YJ-8K antinavire.
- 6 bombes non guidées de 250 kg et trois réservoirs supplémentaires (1 de 800 litres, 2 de 1 600litres).
- 2 missiles air-air PL-8 et 2 missiles air-air PL-12, trois réservoirs supplémentaires (1 de 800 litres, 2 de 1 600litres).
Version d’entraînement du J-10A, le J-10S pourrait devenir dans le futur un avion tourné vers l’attaque au sol ou la guerre électronique.
- Vue partielle du tableau de bord de la place arrière d’un J-10S.
- Maquette grandeur nature d’une évolution possible du J-10S tourné vers l’attaque au sol.
- L’authenticité de cette image est douteuse, mais elle montre peut-être ce que sera la nouvelle version du J-10S.
Nouvelle version du J-10 apparue en 2009. Les ingénieures des bureaux d’études de la Chengdu Aircraft Corporation (CAC) travailleraient depuis 2005 sur cette version améliorée du J-10. Plusieurs modifications ont été apportées à l’appareil dont la plus visible est la nouvelle configuration pour l’entrée d’air ventrale. Cette dernière semble être du type DSI (Diverterless Supersonic Inlet). Elle procure à l’appareil certains avantages aérodynamiques et permet de réduire la signature radar de l’avion. Les autres évolutions sont l’installation d’une optronique sur le secteur frontal, de nouvelles antennes sur le fuselage, d’une extension du sommet de la dérive, l’allongement du bord de fuite des stabilisateurs et une évolution de la forme du radôme, sans doute pour permettre l’installation d’un nouveau radar.
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Chasseurs chinois J-10 vid2
envoyé par APL-Chine